Ecrit le 06.12.11 à 02h20
Je n’ai pas sommeil. Je n’ose plus trop me laisser aller à rêver, si c’est pour qu’il apparaisse sans crier gare dans le profond de mes songes se mettre à me narguer, à m’empoigner la bouche, à me faire fantasmer sur sa peau, la parcourir, embrasser l’ondulation de son corps et me laisser sur ma faim la conscience réanimée non, c’est naze. C’est naze ça.
Je ne dois pas.
Ecrit le 03.12.11 à 02h30
Il y a que je ne suis pas sure d’avoir envie. Je ne sais pas si c’est la peur qui me paralyse. Ou l’intuition qui ne s’est pas trompée. C’est que, je crois avoir précédemment aimé au point de m’être détruite d’un commun accord, de m’être oubliée, au point de ne plus savoir à quoi je pouvais ressembler, avant la fusion, la cohabitation d'un cœur pour deux, avant de souhaiter ne devenir qu’une moitié. Aujourd’hui, que je me suis à peu près retrouvée, au bout de quelques poussières d’années, c’est une crainte de me paumer à nouveau. De m’oublier encore quelque part et de perdre tout ce temps à me chercher, revenir sur mes pas, au cas où.
Ecrit le 01.12.11 à 00h55
Elle est peut-être arrivée la fin de la transition.
Peut-être que je me suis enfin extirpée de la salle d’attente, parce que c’était mon tour, à moi le temps de passer à autre chose, une autre pièce et en sortir métamorphosée. Seulement voilà. J’aimais bien être là, moi. Assise, avec tous ces magasines à lire, ces allées et venues, ça faisait du mouvement, des noms à appeler, du rythme, de la vie, des surprises. Je ne bougeais pas de ma chaise, c’était le monde qui s’agitait tout autour et c’était plaisant à regarder. Moi, pendant ce temps, j’avais de vieilles revues qui ne racontaient rien d’actuel et je pouvais me plonger sans remord à ma nostalgie omniprésente sans que ça ne dérange personne.
Ecrit le 30.11.11 à 01h25
Cette nuit une famille entière venait toquer à notre maison du Vietnam nous porter des cadeaux, à chaque membre de ma propre lignée d’ancêtres, je me disais, pourtant, ce n’est pas encore Noël, sans bien en comprendre l’intention, mais je finissais par accepter les présents et m’en réjouir. Je vivais dans une espèce de paillote, un peu comme en vacances, et quand je sortis prendre l’air, je me rappelle avoir senti une douce chaleur, l’air était agréable, les gens s’étaient dévêtis, habillés un peu tous pareils, dans des grands peignoirs en soie très légers aux motifs asiatiques et discutaient assis devant la porte de leurs maisons, certains se faisaient dorer au soleil. Je ne sais pas si c’étaient nous qui venions d’emménager ou bien la famille venue nous apporter ces cadeaux mais profondément, c’était comme un signe d’acceptation, je sentais leurs regards se poser sur moi me signifier, c’est ok, tu peux venir, tu es désormais l‘une des notres. Il y avait des grandes dalles de pierre blanche au sol, très belles, un peu comme un ring, qui formaient une grande allée centrale séparant les propriétés et au dessus, en paysage, les montagnes et la brume mystique, les toitures en pic des vieilles bâtisses traditionnelles, un spectacle saisissant de bien-être et d’élévation, comme si cet endroit n’était pas vraiment sur Terre, mais un peu au dessus, comme si ces dalles de pierre avaient été construites sur du ciel, ou des nuages, et qu’il faisait chaud d’une autre manière.
Ecrit le 28.11.11 à 15h55
Du 16 août au 15 septembre de cette année, l’aller-retour Paris-Tokyo est à 550 euros, et c’est Rom qui m’en informe par texto.
Ecrit le 27.11.11 à 23h15
Je pense à plein de choses. A plein de gens. C'est parce que j'ai la crève et du temps pour relire. J'ai la tête comme un ballon qui souffle pour essayer de se gonfler, grandir. L'impression que mes idées peuvent exploser à tout moment. Alors je pense à plein de gens. Plein d'histoires qui ne se sont pas faites. J'écrivais il y a un peu plus d'un an :
Ecrit le 15.11.11 à 01h50
Je ne peux pas m’empêcher le soir arrivé de poser mes yeux sur Google prendre de ses nouvelles, regarder les vidéos et m’attendrir un peu sur sa coupe asymétrique, feu-folleresque. Je n’arrive pas à abandonner. Amoureuse de ma merde. Et des situations figées par l’illusion d’un espoir agonisant. C’est comme si je préférais la solitude, le rien du tout au cas où, plutôt qu’essayer, donner une chance à un autre, qui ne sera forcément pas lui, puisque c’est un autre, puisque ce ne sera pas lui. Oui, que ce ne soit pas lui blesse l’égocentrisme de mes certitudes.
Ecrit le 12.11.11 à 02h55
Je crois que j’ai un copain. C’est assez surprenant. Il a un regard d’enfant, un corps qui s’efface dans le décor, une voix discrète et bienveillante. Il enseigne les arts martiaux et le Qi Gong dans plusieurs écoles, notamment à des malvoyants et a le geste raisonnable. En fait, c’est un mec bien sous tous rapports, propre sur soi. Sans vice. Le sourire chaleureux et l’allure timide. Carrément pas mon type, quoi.
Ecrit le 11.11.11 à 09h00
Il y a des jours comme ça, on sait qu’ils ont commencé d'un pied adroit. Il a suffit de descendre la rue, y voir un bout de mer et penser, on y serait décidément bien.
Alors j’ai marché.
A huit heures du matin un jour férié, la hâte dans le ventre.
Le problème avec les rêves que l’on touche de trop près, c’est qu’il suffirait d’un souffle. Juste un souffle pour percer la bulle à féérie. Ce petit truc si mince qui n’arrive pas, jamais. Mais c’était moi, ça devait venir de ma bouche, j’attendais un miracle qu’il m’aurait fallu produire. J’en étais incapable. Pétrifiée par la réserve de le savoir en face de moi, ce Grand Fou, il me tendait pourtant ses bras, à sa manière, les signaux que je n’ai pas su transformer. Il en a patienté des mois, c’était exceptionnel, ce temps qui s’étirait pour nous laisser des chances. Toutes ces chances que je n’ai pas saisies par trac, je ne pouvais pas, c’était, vraiment trop pour moi, insurmontable, passer mes heures à tourner en rond autour du pot essayer de l’aborder, mal, mais quand même, et finalement ne lui mettre que des vents lorsqu’il tente une approche, lui pourtant si timide, devant faire le travail à ma place. Je m’en suis mordue les doigts. Me découvrir si inapte.
Remonter dans le temps
