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Rien ne sert de courir
--> C'est comme si la mer était à nos pieds

Ecrit le 01.06.09 à 15h55

Il a oublié son portable chez moi. Et moi qui croyait qu’il ne voulait pas me répondre, haha. C’est drôle non. Quand je l’ai accompagné jusqu’à son bus il était triste. Il ne parlait pas. Je le taquinais alors et il souriait du coin de la lèvre parce que c’est plus fort que lui. Mais. Il n’est pas venu le récupérer, son portable. C’est con d’avoir oublié quelque chose de si utile après s’être dit qu’on ne se verra plus pendant un moment.

Tu l’as dit, c’est plus une concession qu’un compromis. C’est moi qui m’incline. J’ai jamais vu un problème aussi ridicule à poser. Ce serait presque un comble. Depuis quand trop s’aimer est-il devenu un poids ? Un frein. Je m’excuse de ce qu’on est devenus. Trop proches peut-être. Assis tous les deux sur le rebord de cette fenêtre, les pieds dans le vide. Je me suis vue sauter. D’un léger élan de la main, laisser glisser mes fesses vers le sol. J’ai alors pensé, c’est pas si extraordinaire. C’est même plutôt facile. Il suffit d’une petite poussée. C’est tout. Ca finit comme ça en quelques secondes, c’est comme si la mer était à nos pieds, on ne fait que plonger, il fait chaud, c’est normal d’avoir envie. Et puis c’est pas si haut, ça ne fait peut-être pas si mal.

Il m’a dit, reste avec moi.

C’est moi qui ait proposé qu’on se voie moins dorénavant. Je sens que peu à peu son envie se minimise, est prise entre d’autres envies qu’il aimerait mélanger. Et moi je ne veux pas. Partager. Egoïste. Je veux lui, et que lui quand il est avec moi. Et s’il y a les autres alors je ne l’ai qu’à moitié. Je ne veux pas. Je veux qu’il me désire au point de tout lâcher et partir en courant dans ma direction, comme cette nuit d’il y a quelques mois (click). Tout seul comme un grand, qu’il réalise à quel point ça déborde, à quel point ça le brûle, le démange ce besoin d’être auprès de moi. Je ne parle pas d’importance. Je sais qu’il la connaît. J’ai compris qu’il ne négligeait pas ce genre de choses, qu’en silence, il chérissait tout ça plus que n’importe qui. Qu’il avait conscience de ce qui était réellement précieux à ses yeux. Je souhaite juste qu’il le ressente dans tout son corps, jusqu’au bout de chacun de ses ongles. Je souhaite tout ça pour qu’il me rattrape, pour qu’on coure ensemble, au même rythme, et même s’il est effréné.

J’écrivais ça sur un coin de feuille blanche lorsque la nausée m’est venue dans le creux du plexus. J’ai lâché le bout de papier et ai fermé les yeux. La sonnerie du téléphone m’a réveillé à un peu plus de trois heures du matin. C’était Blues. Il avait finalement couru jusque ici.

Si je lui ai demandé cette faveur c’est uniquement pour moi. C’est moi qui vais trop vite et pas l’inverse. C’est moi qui ai sans cesse besoin de son regard attentif. C’est moi qui le sollicite, qui l’étouffe, si bien que je ne lui laisse même pas le temps de me montrer que lui aussi, il en a envie. C’est moi qui pleure lorsqu’il s’en va. C’est encore moi qui traîne comme un zombie, cherchant de quoi insuffler un peu de vie à mon corps dépéri, de quoi tenir jusqu’à sa visite prochaine. On est ensemble tous les jours. Et je trouve que ce n’est pas assez. Pourquoi est-ce qu’il reste ? Pourquoi ne s’est-il pas déjà débiné devant tant d’attachement ? Devant Dine, le pot de colle ambulant. Pourquoi veut-il encore m’amener avec lui ? Et pourquoi est-ce qu’il m’écoute à chaque fois, pourquoi est-ce qu’il s’attarde et me supporte, pourquoi est-ce qu’il me confectionne des petites cocotes en papier rigolotes quand il voit une larme couler sur le bord de ma joue ? Pourquoi fait-il tout ça pour moi ? Ils auraient déjà tous abandonné la cause, avant.
Il doit vraiment m’aimer.

Je ne veux pas gâcher cette chance, oh ça non. Alors il me faut lâcher du leste. Il me faut céder. Cesser. Me sevrer. Je dois me ressaisir, me redresser. Pour retrouver l’harmonie et un détachement serein. La bonne humeur d’un équilibre. Alors je criserai moins pour des raisons débiles. Pas question de devenir une de ces hystériques qui interdissent, privent, jalousent, paranoyent à longueur de journée. Je veux qu’il soit heureux. Je veux le rendre heureux. Et qu’être avec moi ne puisse lui donner qu’un large sourire sur le coin des lèvres.

Alors pourquoi était-il si triste quand on s’est dit au revoir ?

J’ai l’impression de tout faire de travers.


Ecrit par Dine, le Mardi 1 Septembre 2009, 01:28 dans la rubrique Actualités.