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Une île
--> Routine à déconstruire

Ecrit le 05.07.12 à 18h05
Ecrire sur son balcon, vue sur les collines gorgées d’arbres tombant jusqu’à la mer, il fait chaud. Très chaud. Un nombre incalculable de degrés. Une île. Ca faisait longtemps que j’envisageais me poser sur une île à nouveau, l’eau est limpide, ne manque que le sable blanc pour me faire oublier. Je ne sais pas vraiment quoi. Les réactions sont les mêmes mais au fond, j’ai l’impression d’avoir changé. Je me cherche peut-être encore. Fatigue mentale. Je suis pourtant en vacances. Et pendant ce temps là, mon cerveau culpabilise.

Chier. L’enregistrement. Les formations. Les subventions. L’écriture. La musique. L’appartement. Le travail. Le travail. Le putain de truc que je dois faire de ma vie. Ce sentiment d’être sans cesse en vacances parce que non cadrée pèse à mon moral qui craint l’injustice et le manque de solidité de l’âme même si ça n’a jamais vraiment rendu l’âme solide, même si je ne me suis jamais vraiment sentie hors du moule parce que pour moi, le moule, c’est moi, et ce sont tous ces autres qui ne rentrent pas dedans, parce que je me sens normale et logique, et sensée. Alors je me demande, puisque pour moi ça me parait assez étrange, en quoi ce mode de travail là instauré par la société est sain et utile. Et si il n’y a d’autres choix que de le suivre. Suivre le travail là où il va. Et lorsqu’il s’en est allé, que nous reste-t-il?

Pourquoi est-ce que je culpabilise autant d’être bien? Bien sans rien.
Parce que j’ai l’intime conviction d’être faite pour de grandes choses?
Et que les grandes choses impliquent du travail.
Une autre forme de travail, surement.

Mais quand même. Le travail s’il n’est discipline, est une discipline. Lorsqu’on ne l’a jamais approfondi jusqu’ici, il ne pousse pas de nos doigts instinctivement, la motivation de se mettre à l’effort. J’en souffre. Je veux suer à la tache. Et qu’à la fin de la journée, j’aie pu servir une cause qui n’implique pas que ma petite personne. Même s’il n’y a pas d’argent en jeu. L’argent ne nourrira jamais. Parce qu’il ne se mange pas. Initialement, il n’était pas indispensable. Je reconnais cependant sa valeur pratique.

Merde, que ça cesse! Libérez-moi l’esprit!
Je n’écris plus, je ne joue plus de musique, et la poésie s’est perdue quelque part en moi si ce n’est ailleurs. C’est pour ça qu’il faut laisser les artistes tranquille! Laisser le champs libre à l’inspiration! Toutes ces données pratiques et matérielles rendent fertile un penseur voire philosophe à la rigueur, mais pas un poète, chansonnier ou simple fantaisiste. Elles m’annihilent l’envie, et l’amour. Me rendent coupable. De paresse tout du moins et il faut que ça cesse.

Rendez-moi ma joie de vivre et les douleurs qui me façonnent le cœur. J’en ai besoin autant que l’air que je respire. J’en ai besoin parce que pour moi, c’est ce qui m’est utile, qui me permet le partage avec autrui et la communication intérieure et intrinsèque. Me permet l’ouverture.

Dans quelle sale boite range-t-on les adultes en devenir.


Ecrit par Dine, le Dimanche 24 Mars 2013, 05:16 dans la rubrique Actualités.

Commentaires :

MangakaDine
MangakaDine
24-03-13 à 05:25

Pardon pour ce temps de latence complètement abusif.....

Il ne doit plus y avoir beaucoup de monde qui traîne par ici....

(déjà qu'à la base...)

 
Aphone
24-03-13 à 10:41

T'étais en vacances avec Newton hors de la France si j'me rappelle bien ?
Oh oui ça faisait longtemps que tu n'avais pas publié un nouveau texte =)

Mais tu as un travail mon p'tit, un travail d'artiste, avec sa discipline, et son utilité pour les autres. Sans doute qu'on culpabilise tous de ne "rien faire", on se sent mieux après un effort. Et je crois que le fait d'être "bien" nuit à la productivité artistique. Pour écrire il faut rencontrer un souci, un doute, une aventure, une histoire extraordinaire. Il me semble qu'il te faut observer le monde, être acteur mais surtout observateur, il faut qu'il se passe des choses fortes. Même si ce n'est qu'à l'intérieur de toi.

Ton article me donne envie d'être en été, sous un nombre incalculable de degrés =)

 
MangakaDine
MangakaDine
29-03-13 à 02:30

Re:

Bonne mémoire!

Cette inquiétude de ne rien faire, elle existe parce que le travail que je fournis, j'en suis le seul témoin. Le jour où mon labeur existera aux yeux des autres, il existera aux miens.
Ce n'est pas une question de reconnaissance à proprement parler.
Mais chaque individu fait son travail au sein d'un cadre, et d'un groupe. Et son action a des répercutions sur autrui, tel un échange, ou un relai, une chaîne.
Peut-être que je suis moi aussi le maillon d'une chaîne. Mais pour l'instant, il est isolé.
Voilà pourquoi je me pose toutes ces questions.

Moi aussi j'aimerais être en été.
Et qu'on zappe le printemps direct.
J'EN AI MARRE DE CE PUTAIN DE RHUME DES FOINS QUI REVIENT TOUS LES ANS!!!

 
eveildessens
eveildessens
31-03-13 à 22:43

Re:

Je ne pense pas que tu sois un maillon isolé...
Depuis que je te lis, je ne vois qu'une chose, tu exprimes le meilleur de toi "en t'isolant" et tu le transmets ensuite... Tu as simplement appris à te connaître pour "bien agir"...

"le rhume des foins" (en MAJUSCULES!!) : je crois que toute "expression corporelle" est un signe, d'autant plus si elle revient périodiquement, comme quelque chose qui souhaite se libérer... Tu ne pourras peut être pas l'apaiser "en zappant le printemps direct"...

(Je profite de ce message pour te dire qu'il m'est arrivé récemment de penser qu'en se rencontrant dans la vie réelle, nous aurions eu de profondes conversations!)

 
eveildessens
eveildessens
24-03-13 à 19:42

ÉMOTION


Émotion pour plusieurs raisons!
Ton retour est fabuleux, c'est un renouveau, c'est le printemps, c'est LA VIE!
Ensuite "routine à déconstruire". MERCI A TOI. Merci d'avoir déconstruit la routine dans laquelle tu avais enveloppé tes lecteurs trop gâtés, trop gâtés de te lire à fréquence relativement périodique. Là, l'intérieur perçoit dans la profondeur le plaisir qu'il a à te lire, le désir se crée avec le manque. MERCI!
Et le contenu de ton article "écrire, le putain de truc que je dois faire de ma vie, le moule c'est moi, le travail est une discipline, j'aie pu servir une cause, laisser le champ libre à l'inspiration, l'envie, l'amour, ma joie de vivre et les douleurs qui me façonnent le coeur, le partage avec autrui et la communication intérieure et intrinsèque...". TU AS COMPILE LA VIE!
"J'ai l'intime conviction d'être faite pour de grandes choses". OUI. MERCI DE CE QUE TU TRANSMETS A TRAVERS TES TEXTES. IL Y A EN TOI UN SENS A LA VIE.
"S'il y a d'autres choix que de le suivre". OUI, "LE MOULE C'EST TOI", IL EST MERVEILLEUX CE MOULE!

(Désolé, j'ai oublié d'écrire "je pense que...". L'émotion est trop intense dans la complicité intérieure...)


 
MangakaDine
MangakaDine
29-03-13 à 02:39

Re: ÉMOTION

Haha, que d'emballements, que d'émotions!
C'est encourageant à lire. Et flatteur, cette notion de manque.

J'ai l'intime conviction d'être faite pour de grandes choses.
C'est à dire, de pouvoir être réellement utile aux autres.
C'est ça pour moi, faire de grandes choses.
A grande échelle.

Oui, il est merveilleux ce moule. Il faudrait chacun qu'on se le répète plus souvent. A soi, et à ceux qui nous entourent.

Merci pour ton engouement. :)

 
stupidchick
stupidchick
25-03-13 à 01:11

le moule c'est moi

Etrange, cette sensation de déjà-lu, déjà-vécu, déjà-écrit, que m'inspire ce texte.

(et je n'arrive pas à entrer en contact avec toi...qqch comme ça.)
Bises ma belle.

 
MangakaDine
MangakaDine
29-03-13 à 02:42

Re: le moule c'est moi

Aaaah le moule. C'est un vaste sujet, n'est-ce pas? Ça ne m'étonnerait pas que tu te sois posée des réflexions similaires, effectivement.



Tu n'arrives pas à me contacter....c'est à dire?
En tout cas, mes coordonnées sont restées les mêmes...
Au pire du pire, tu peux m'écrire!

Bisouilles