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Ailleurs 1/6
--> Genova, Grosseto


Ecrit le 20.09.10 à 20h10

Je suis en Italie.
Je l’avais dit, que j’y reviendrais.

Cependant il s’est passé un mois et je n’étais plus sure moi-même de ma motivation à absolument repartir et si j’aurais encore les couilles le moment venu.

La lune presque pleine me surveille et la mer que l’on distingue à peine scintille de sa parure. J’ai l’impression de flotter sur l’eau. Ce train pour Genova je commence pourtant à le connaître. Mais l’air est si spécial, la lune si étrange. C’est une lune de rêve de voyage. On a ce paysage un peu surnaturel qui s’étend à nos yeux et c’est comme si on ne faisait pas partie du décor, qu’on était là à notre place mais qu’on n’existait pas vraiment, qu’on flottait oui, qu’on flottait.

Il y a des palmiers. Des terres encore inconnues masquées par la nuit noire. Je suis tellement excitée à l’idée de me fondre dans cette masse d’odeurs que je devine par les formes. Ma ville est derrière moi et même si ce n’est que pour quelques jours ça me semble être une éternité de possibles à vivre, une ouverture sur des mondes qui se façonnent à l’imaginaire dans lesquels je pourrais déambuler moi et mon enveloppe d’os et de chair. Je suis vivante. Et filant sur des rails infinis où personne ne se préoccupe du choix de mes escales, seule la lune sait.

Elle m’observe.



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Ecrit le 21.09.10 à 04h10


C’est magique. Tu t’endors entre deux sièges, tu te réveilles ailleurs.
Ailleurs, c’est vraiment le mot tu sais. S’il y en avait eu, ma tête serait dans les étoiles en cet instant. Mais j’ai les étoiles au ventre. Et l’envie d’être ailleurs, c’est-à-dire. Exactement ici même. Ailleurs.

Les trains ont fait leurs lits et se sont bordés eux-mêmes sur les quais de gare, il est quatre heures du matin je suis peut-être la seule à ne pas être endormie. C’est le cinquième wagon dans lequel je suis montée jusqu’à présent et il y en aura encore deux dans moins d’une heure. Je vérifie à chaque fois la place du contrôleur, au cas où j’aurais la surprise de l’heureuse rencontre. Or, si on veut qu’il y ait surprise, justement, il ne faudrait pas autant s’y attendre. J’aurais aimé revoir Paulo, pourtant.

Bah, qu’est-ce que je lui aurais dit. Pour aller où. Il m’a déjà emmenée dans tout Genova sur sa moto la dernière fois. Enfin, pas dans sa chambre mais c’est justement là où je ne veux pas aller. Trop loin.

Quand je suis descendue du train j’ai croisé les carabinieri qui se sont exclamés « Ah non, reste avec nous! T’es sure que tu descends là? ». Marrant, pour des gendarmes. Après à parler entre eux ils n’avaient que le mot ragazza collé à leurs bouches. Ca me fait penser. J’aimerais bien voir à quoi ressemblent les pompiers italiens. Un fantasme double-combo? J’ai l’impression que tous les gens sont beaux ici. Même les vieux moches. C’est parce qu’ils sont éclairés de cette lumière particulière qui rend les êtres chaleureux. Dans ma ville je me plains souvent de ne pas avoir matière à regarder mais ici je m’éveille. Comme si je pouvais trouver soulier à mon pied à tous les coins de rues. Remarque, c’est pas en Italie qu’on confectionne les plus belles chaussures?
Je comprends pourquoi.

Je suis à Grosseto le temps que les grillons finissent la sérénade qu’ils susurrent à mon oreille, le temps que le soleil prenne conscience qu’il est un nouveau jour et décide de se lever, je serai déjà ailleurs.
Aaah…ailleurs, qu’est-ce que j’aime cet endroit.


Ecrit par Dine, le Samedi 19 Février 2011, 05:07 dans la rubrique Actualités.

Commentaires :

Plog
Plog
19-02-11 à 16:49

Il est très beau cet article, ça donne encore plus envie d'aller ailleurs =)

 
MangakaDine
MangakaDine
20-02-11 à 01:22

Re:

Merci. :)

Moi ça me donne envie d'y retourner....