Joueb.com
Envie de créer un weblog ?
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web.
Débarrassez vous de cette publicité : participez ! :O)

Au gré du vent (suite et fin)
--> Une médaille en chocolat à celui qui lit jusqu'au bout

Toutankhamon nous attend avec deux raquettes en main, hmmm...là, tout de suite? Je vais m'asseoir, hein.
Les deux garçons me confient leurs effets personnels et s'en vont disputer leur partie de badminton. Je ris de les voir effectuer de magnifiques gestes totalement dans le vent, la balle se vautrant magistralement toute seule, dans le sable. Ils prétextent que c'est à cause de la nuit, et j'en ris d'autant plus fort.

Petits joueurs, ils s'arrêtent au bout de même pas dix minutes, procéder à la pause bière.
On discute astrologie, on s'échange nos dates d'anniversaires, ils s'excusent de ne pas me l'avoir souhaité, je dis l'anniversaire de Fly avant même qu'il ait pu ouvrir la bouche. Je me suis trahie toute seule. Toutankhamon nous parle de son boulot, de grippe aviaire avec des termes prononcés à l'english. Je répète ses phrases avec le même accent et Fly rit à gorge déployée. Le téléphone sonne.
-" Mais vous êtes où exactement?"
-" Haaa Poubelle, encore perdue? On est à l'E*****. Entre le B*** et la statue de D**** (remplissez les étoiles par les fantaisies de votre choix)."
-“ Aaah, vous êtes à l’E*****! Mais c’est après le B***, ça…”
-“Nonon, avant, en partant de D****. Tu visualises D****, quand même?”
-“Bah oui, tu m’as pris pour qui! Sauf que c’est toi qui dis n’importe quoi parce que c’est le B*** qui est entre D**** et l’E*****.”
-“Pffff…mais t’es con ou quoi? Je suis sur place, je vois le B*** d’un côté, le D**** de l’autre, de mes propres yeux et c’est toi qui assise dans ton bus prétends avoir raison?”
-“ On verra hein quand j’arriverai, on parie ce que tu veux!”
-“ 3 millions d’euros, ton chat et ta maison, je peux pas avoir tort.”
-“ C’est ce qu’on dit…”
Je raccroche. Ils me regardent éberlués. Je crois que j’ai crié dans le téléphone et que ça leur a fait peur.
-“ C’est parce qu’elle raconte que des bêtises…”
Il ne fait pas froid. Une mer sans brise. Pour le cerf-volant, je crois que c’est même pas la peine d’y penser. Poubelle arrive à l’E*****, qui a toujours été entre le B*** et la statue de D****. Je la nargue en lui tendant une raquette, on va un peu se défouler de chaque côté du filet, elle et moi. Trop longtemps que j’avais pas tenu de manche. Je fais des coups dans le vide, je ne vois même pas la balle. Mais j’ai la classe quand même…
…hum.
De loin je suis sure que ça rend bien.

Après avoir mis la raclée à Poubelle, c’est au tour de Fly de m’affronter. Finalement, je gère le badminton, chuis sûre d’avoir raté une vocation. (…) (non, ne dites rien)
Fly arrive, prend la raquette de la main gauche.
-“Noooon….toi aussi t’es gaucher?”
-“Non droitier, mais je vais jouer de la main gauche, histoire d’être à un niveau égal.”
Quuooooi?
Ah ouais, genre t’es trop fort! On va voir ce qu’on va voir.


Bon bah c’était vrai hein. Il se gavait quand même. On s’est échangé la balle pendant longtemps. Même qu’au final, les autres, ils avaient pas tellement envie de prendre la relève. Non, ils papotaient politique, alors valait mieux pas les déranger. Fly me balançait du sable sur la gueule, et moi, en plus de puer de sous les bras, je commençais à avoir plus que faim.
-“ Bon, quand est-ce qu’on mange?” coupé-je Toutankhamon et Poubelle dans leur élan dialoguistique.
-“ Bah moi j’ai mangé avant de venir.”
-“ Et moi j’ai vraiment pas faim…”
-“ Hein, comment ça vous avez pas faim? C’est quoi cette histoire! Vous allez pas me laisser crever la dalle toute seule, espèces de sans cœur!”
-“ Je peux t’accompagner, si tu veux…” me lance Fly, nature-peinture.
-“ Oui, abandonnons ces êtres infâmes à leur triste sort non gastronomique.”
Bon, j’ai pas vraiment dit ça, mais j’aurais pu…

C’est ainsi que nous avons migré Fly and Me au Patacrèpe international de l’ E*****. Une table qui sonnait presque comme un tête à tête arrangé. On buvait dans le même verre, mangeait la glace à deux cuillères, c’était plutôt déstabilisant. J’avais comme l’impression qu’il l’avait voulu, ce moment d’intimité.
-“ Pauvre Poubelle.”
-“ Quoi?”
-“ Ca doit pas être très drôle pour elle de se retrouver à parler politique avec cet énergumène de Toutankhamon. Je voudrais pas la laisser seule trop longtemps…”
-“ Je vois…”
Nan mais c’est vrai, je culpabilisais de la laisser face à son destin pendant que je piquais des bouts de crêpe dans l’assiette à Fly. Et puis…il y avait aussi le fait que je trouvais bien curieux le hasard ce soir.
-“ Diiine, vous avez toujours pas fini?” me fait Poubelle qui nous a récupérés à la table.
-“ Heuuu…on y est presque.”
-“ Parce que nous, on va aller à la méga teuf en extérieur avec méga de gens et méga de musique, dépêchez vous!”
-“ Au pire, si vous êtes vraiment pressés, on vous rejoint là bas.”
-“ Ouais, comme ça vous passerez acheter les boissons!”
Heu, je vois pas le rapport, mais si elle veut.

Poubelle et Toutankhamon filent ensemble, j’aurais pas cru qu’ils puissent s’entendre si bien entre eux. Nous, on finit les plats avant de filer. Fly paye l’addition (gentleman) et je me mets encore le petit parapluie de la glace dans les cheveux. C’est une habitude.
-“ La prochaine fois Fly, tu m’appelles à moi seule on se fait un truc à deux, ça reviendra au même, hein!” balancé-je sarcastique, face au découpage de clans.
On se gare à l’arrache devant une alimentation de nuit. J’insiste pour attendre Fly dans la voiture. Chope le portable dans mon sac et compose le numéro de mon Jules. Le vrai.
Est-ce qu’il va bien, tout ça. Il dit que je lui manque. On a au moins pas dû se voir depuis hier alors...ouais. On verra si je peux passer chez lui ce soir. Mais entre nous, ça m’étonnerait. Vu le programme de la soirée… M’embête un peu de devoir l’appeler en cachette, quand même. Je ne suis pas une fugitive. J’ai le droit de ne pas être célibataire, zut crotte flute.

Fly reprend le volant et on roule jusqu’à destination. N’omettant pas de faire quelques petits détours faute de ne pas avoir suivi la bonne route, mais rien de bien inquiétant. On s’engage dans un espèce de chemin un peu en hauteur. On monte, on monte, plein de petites maisons de bourges, y’a vraiment une fête roots dans les alentours ce soir? On arrive tout en haut, y’a plein de voitures partout garées à l’arrache collées au mur, alors bon, on fait de même hein. Toutankhamon nous attend devant la petite porte en bois. Nous ouvre la voie sur un espèce de chemin broussaillé en pente sans aucune lumière. Je manque de me casser la gueule en arrière dès le premier pied mis en avant, alors Fly pose sa paume de main contre mon dos, en guise de dossier. C’est rassurant, il me guide, il me protège avec discrétion. Je me sens…enveloppée par ses bonnes intentions.

De la musique tzigane. Des violons, des accordéons, des percussions. Et plein de gens qui font la farandole. Poubelle est dans le lot. J’accoure vers elle, me joins à la danse. Croise Coq quelque part dans les têtes, Gourou est sur le djembe, pour changer… Y’a plein de peuples qui me prennent par l’épaule et j’aime pas ça. Trop familier ce type d’ambiance. Je m’éloigne, monte les escaliers vers la maison, quelqu’un m’attrape le bras. Bon Dieu, encore un looser qui va me taper la discute pendant trois quart d’heure. Faudrait qu’ils changent leur tactique barbare d’aborder les gens :
-“Oh…ah c’est toi, Rooky!”
Qu’est ce qu’il fout là, lui. Mais ils se sont tous donnés rendez vous au même endroit, ma parole! Six mois que je ne l’avais pas revu (click !), mais juste la bise et les chemins qui se séparent. Rien de plus.

Fly et Toutankhamon, bières à la main, causent mondanités à l’écart de la folie dansante. Je crains qu’ils ne se sentent pas trop dans leur élément. Mais Toutankhamon me dit que c’est un plan à l’arrache comme il les aime, puis s’en va brancher le premier venu, l’esprit peace and love. Me retrouve encore seule avec Fly, à croire qu’ils le font exprès. Alors on s’assoit sur une des bûches qui sert à raviver le feu, un peu penauds. Je ne sais pas comment aborder la question, mais j’aimerais qu’il me parle de ses amours (click !). Qu’il me parle d’elle. L’a-t-il enfin oublié?
Je connais ça, les relations difficiles. Et je sais ce que ça fait de toujours aimer quelqu’un, même un an après la rupture, même sans son visage à la figure, en ne se retenant seulement qu’aux souvenirs d’un passé plus ou moins lointain et palpable. Il me l’avoue. Il l’aime encore, comment pourrait-il l’oublier? Au moment où il se sentait prêt, prêt au mariage, aux enfants, prêt à lui accorder ce qu’elle lui demandait…..
…c’est toujours à ces moments là, n’est ce pas?
La séparation.

Je me rapproche un peu de lui, épaule contre épaule, de ce cœur qu’il vient de m’ouvrir, je suis touchée par sa sincérité. Encore. Toutankhamon s’immisce en plein dans la conversation :
-“Oh non, c’est pas vrai, tu parles encore d’elle! Il serait temps de passer à autre chose, Fly!” le réprimande-t-il.
-“ Désolée, c’est moi qui ai abordé le sujet…”
-“ Ha…bon.”
On se regarde tous les trois, un peu gênés. Si je comprends, elle a l’air d’être un personnage récurent de leurs discutions. Je suis mal tombée…
Mais il y en a qu’un qui a débarqué au pire des moments, il a fait plus fort que moi. Il s’est agenouillé devant nos six yeux éberlués, ce Rooky, et a sorti un truc venu tout droit de son cerveau rouillé :

-“ A droite et à gauche, non. Non, et non.”

-“ …Comment?”
-“ Haaa Dine, quand même. Ca et ça, non.”
Balance-t-il en désignant du regard mes deux compères.
-“Heuuu….je crois qu’on va vous laisser, hein!”
M’excusé-je auprès d’eux, attrapant Rooky par les omoplates pour le pousser loin, dans la confidence la plus totale.

-“ Mais qu’est-ce que tu racontes?”
-“ Non, c’est tout. Y’a rien à comprendre.”
Je le sens pas dans un très bon état mental, le Rooky. Je sais pas ce qu’il s’est enfilé, mais ce qui est certain, c’est qu’il n’est actuellement pas dans sa tête. Et je veux pas savoir où il est, d’ailleurs.
-“ Bon, bah…je vais retourner auprès de mes potes, ils doivent se demander ce qu’il se passe…”
-“ Non, hé ho, pars pas ! Pars pas… »
-“ Heu…ok.”
Il lève les yeux sur moi, et sourit en remuant de la tête. Tressaute sur place et d’un geste immodéré, se jette dans mes bras. Se retire et annonce, satisfait :
-“ Qu’est-ce que ça fait du bien de te voir…”
Avant de se ragripper à mon corps, qu’il enlace avec force.

J’ose plus rien dire. J’hésite entre l’éberluement et l’émotion. J’opterai pour la malentendance :
-“ Bah, c’est pas comme si tu t’y étais attendu non plus…c’est plutôt incongru, ce genre de situation.”
-“ Nieh? Incongru?”
-“ Enfin…inopportun même.”
-“ Quoi?”
-“ Argh, tu le fais exprès? Disons alors que c’est un bizarre hasard.”
-“ Ha, exprime toi comme il faut, aussi.”
-“ Hey, c’est toi qui agit de manière louche, pas moi! M’enfin, quand vas-tu te décider à venir récupérer ton pull et ton CD mythique de Radiohead à la maison, hein?”
Un moment de réflexion.
-“ Bah, je te les donne.”
-“ Ca, ça veut dire que tu es prêt à me céder ton CD préféré de ton groupe fétiche plutôt que de remettre un pied chez moi….”
Il rit.
-“ Voilà, c’est ça.”
-“ Et ben, c’est pas fameux.”
Re-silence. Re-rires.
-“ Je vais y aller pour de bon cette fois.”
-“ D’accord.”
Avant de tourner les talons, je lui ouvre les bras, une dernière fois, le sourire aux lèvres. Et quand il s’aperçoit de mon geste, ce bout en train me saute au cou. C’est joyeux, tout ça.

Je retourne auprès de Fly, assis tout seul sur sa bûche. J’ai le moral tout biscornu. Drôle de rencontre. Et puis Fly, l’impression de finalement n’avoir passé ces instants qu’avec lui. Lui, qui au gré des phrases, me pose la question.
-“ C’était qui?”
-“ Rooky, un ex à moi que j’avais pas revu depuis un bail.”
-“ Ah…et heu. Tu as encore des sentiments pour lui?”
MouaHaha.

Ce qu’ils sont marrants, ce soir.

Pour finir la nuit, on s’en va rejoindre Poubelle, Gourou, Coq et Toutankhamon, en plein débat philosophique sur la terrasse. Et bah dis donc, ils auront pas usé de leur salive pour rien, ceux là.
Et puis comme j’aime bien choisir l’instant le plus prompt à faire chier le monde, mes douleurs mensuelles ont débarqué dans mon ventre. Je me suis tordue en deux avant de m’allonger par terre, Fly a couru jusqu’à la voiture me chercher mes Spasfon (seulement deux calories), tel le Superman des jeunes filles réglées en détresse. Poubelle, pendant la course, a eu le temps de me souffler de son air de je-sais-tout-j’ai-tout-vu un:
-“ Fly, il est à fond.”
Ce à quoi je me suis empressée de rétorquer, entre deux courbatures :
-“ Nan mais tu sais, il est comme ça avec tout le monde. Il est d’un naturel attentionné, c’est inné chez lui.”
-“ Mouais, mouais… Il est comme Brush (click !), quoi.”
-“ Ah non, compare pas ce qui est pas comparable. Brush est un cas à part. Brush est un cas…”

Fly revient essoufflé, la plaquette de pastilles roses à la main. Puis il s’assied près de moi et me veille. Veille à mon rétablissement.
-“ Merci.”
-“ Mais c’est normal.”
Non, c’est pas une évidence pour tous. C’est pas vrai. Y’a peu de gens qui auraient fait la moitié de ce qu’il fait pour les autres. Mais ça, il n’arrive même pas à s’en rendre compte. Et c’est pas un mal… Mais je sais pas pourquoi étant couchée, ma main, je l’ai posée là, sur ses genoux.
-“ Hein? Tu as besoin de quelque chose?” se retourne-t-il.
-“ Non, de rien.”
Juste de ma main là.

On ne tarde pas à rentrer. Poubelle décide de rester, elle se sent trop bien ici. J’ai froid, Toutankhamon installe son manteau sur mes épaules, en parfait gentleman. Je me dis qu’entre Toutankhamon et Fly, il n’y a pas de différence. Ils font ça par pure gentillesse, c’est tout.
Fly me ramène. C’est pas la même route qu’à l’aller alors on se perd. Je lui indique les rues mais je suis pas forcément sûre de mon choix. J’hésite encore sur la destination.
-“ Tu peux me laisser là, merci.”
-“ Eh bien, au revoir Dine, à la prochaine.”
-“ Oui, c’était sympa.”
La bise, la voiture à l’arrêt.

Un bisou sur le coin de la bouche, un peu en suspend.


Je sonne à la porte. Appuie sur le bouton de l’ascenseur, marche les derniers pas qui me mènent jusqu’au huitième.
Il m’ouvre et m’embrasse, m’enlace jusqu’à sa chambre, me porte sur son lit, me dépose et me caresse.
-“ Je suis vraiment trop content que tu sois venu.”
Je souris. Tellement de flammes dans ses yeux.
Mes lèvres sur son torse, ses mains pour soulever mon haut, pour me dessiner de son amour, les formes qu’il rêve en moi.
-“ Tes seins, je pourrais passer la nuit entière à les regarder.”  m’avoue Jules.

Et ça me fait un choc.
Parce que. Cette phrase. Ses mots (click !). Les mêmes, à la syllabe près.
Je crois à un revenant. J’imagine qu’il me poursuit, même dans le présent. Maro. Les mots de Maro. Là, dans la bouche de Jules.
Je pourrais passer la nuit entière à les regarder. Et repenser.
Y repenser.


Ecrit par Dine, le Jeudi 17 Août 2006, 03:41 dans la rubrique Actualités.

Commentaires :

elfiane
elfiane
18-08-06 à 00:59

Rha làlà... Dine... Mas comment tu fais...

Dans la même soirée: un ex, ton actuel et celui qui, tu ne m'ôteras pas cette idée de la tête, sera ton futur... Et en plus, ton actuel te ressort les mêmes phrases que Maro... Ma pauvre, tu vas finir, un jour, par te planter de pénom... Tu as d'ailleurs utilisé la même couleur pour Jules et Fly... (enfin, presque)


 
MangakaDine
MangakaDine
18-08-06 à 01:38

Re:

Raaaa; mais je vais t'acheter des lunettes! Entre Fly et Jules, AUCUN RAPPORT! Si on ne fait plus la distinction entre le vert clair et le bleu clair, mais où va le monde!!! (bon, je te pardonne parce que tu avais marqué "presque", ça ira pour cette fois)

"Ma pauvre, tu vas finir, un jour, par te planter de prénom"
Mouahaha ça serait vraiment le drame! J'imagine bien la scène! (non, en fait, je veux pas imaginer...)
C'est vrai qu'il commence à y en avoir beaucoup. Ils ne sont pas du même milieu et pourtant, ils se rencontrent souvent par le plus grand des hasards. J'avais même cru apercevoir Ex quand je marchais avec Fly sur la plage. C'est pour dire, le monde est petit. Ma ville n'est pourtant pas un petit patelins de 2000 personnes....